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Magasins Carrefour : FO ne lâche rien

Après les actions et manifestations du mois de février (voir article du.23 février https://interpro95.force-ouvriere95.fr/2018/02/23/carrefour-market-puiseux-greve-majoritaire-a-lappel-du-syndicat-fo/: ), L’Interpro95 rencontre l’équipe FORCE OUVRIERE Région Parisienne Ouest du groupe Carrefour.

Est-ce que vous pouvez expliquer l’origine de ce mouvement ?

M.. : A l’origine, il y a le problèmes des ex-magasins DIA, et le manque à gagner pour les actionnaires du groupe. Carrefour avait racheté les magasins DIA. Ces enseignes leur coûtent de l’argent maintenant. Ils ne sont plus rentables, donc ils veulent se débarrasser d’eux. Ils vont donc être vendus. Ils cherchent des repreneurs et s’ils ne trouvent pas de repreneurs, ils vont tout simplement les abandonner. Bien sûr, cela va entraîner des pertes d’emploi. On parle également de 2400 postes au niveau du siège qui vont être supprimés. Concernant les magasins ex-DIA, Bompart avait annoncé que 50% des personnels seraient repris dans le groupe.

A Force Ouvrière, nous avons été à l’origine du déclenchement de l’action parce que nous n’acceptons pas qu’il y ait des licenciements alors que les actionnaires continuent à engranger des bénéfices. Nos représentants au niveau national ont réussi à négocier que – concernant les ex-DIA, 100% des salariés soient repris dans le groupe.

Pour la « petite histoire », il faut savoir que Carrefour avait déjà rachetés les magasins DIA sous l’enseigne AED, puis s’en était séparé pour les reprendre en 2015…

Nous constatons que de mauvaises stratégies ont été mises en place, et c’est nous qui payons ces mauvaises stratégies. Nous sommes dans les magasins, on y travaille, et nous estimons que nous devrions être consultés.

Az… : Je voudrais dire que le groupe vit des turbulences depuis que Monsieur Bompart est arrivé à la tête du groupe. Les salariés découvrent chaque jour de nouvelles mesures, de nouvelles attaques, de nouveaux dangers pour nos emplois ou notre pouvoir d’achat. On n’en est qu’au début du plan selon moi. On n’imaginait pas qu’il allait y avoir la réduction des primes et les licenciements. Pour un salarié, ce qui est le plus grave, c’est quand on touche à son porte-monnaie. Et il faut s’attendre à de nouvelles attaques parce que pour les actionnaires, il s’agit de récupérer le maximum d’argent.

Qu’est-ce que les salariés perdent avec le plan Bompart ?

M.T. : Nous craignons des plans de licenciements et la remise en cause de nombreux acquis du fait, notamment des franchises, de la location-gérance des enseignes. Déjà, au niveau des Carrefour Market, 90 magasins sont passés en franchise ; les Carrefour Contacts, les City vont fermer. On constate que – concernant ces magasins franchisés – les salariés ont tout perdu. Les primes de vacances, l’intéressement collectif, la participation, les chèques CESU, la Mutuelle, les tickets restaurant, la subrogation (avance maladie par l’employeur). Donc, à Puiseux, nous risquons de perdre tout cela si nous passons sous le régime de la franchise.

De plus, il y a de nouveaux magasins qui s’ouvrent autour de nous, d’autres vont rester ouvert le dimanche (nous avons perdu la moitié du chiffre du dimanche). Les salariés le sentent, cela va venir très vite, et c’est pour cela qu’il faut nous mobiliser. Même si on n’arrive pas à stopper le processus de franchise, qu’on se batte au moins pour garder le maximum d’acquis.

Nous avons discuté avec les autres syndicats du groupe pour la poursuite de l’action.

M: On s’aperçoit que Carrefour a pris beaucoup de retard par rapport à d’autres enseignes. Par exemple, concernant la question des Drive : Leclerc a 50% du marché, et Carrefour à peine 10%. On pourrait également parler du E-commerce. A chaque fois, nous prenons du retard.

Il faut quand même qu’on se pose la question. Autrefois, on n’ouvrait pas le dimanche, il n’y avait pas toute cette diversité, et nous faisions du chiffre d’affaires. Aujourd’hui on ouvre tous les jours, toute l’année, y compris les jours féries … et on fait moins de chiffre d’affaires. On nous met la pression, avec des chiffres d’affaires à atteindre qui sont toujours à la hausse, et nous savons que ces chiffres sont inatteignables. Et bien sûr cela va avoir une conséquence sur les primes, parce qu’on sait qu’on ne pourra pas atteindre les objectifs, et notre pouvoir d’achat va en prendre encore un coup.

Ab : FO est majoritaire dans le groupe et l’unité s’est réalisée avec les autres organisations syndicales autour des revendications que nous avons posées. Nous voulons le retrait de ce plan annoncé sans aucune consultation. Nous sommes contre ce plan parce qu’il casse la plan social de Carrefour.

Monsieur Bompart déclare dans ce plan qu’il faut économiser 5 milliards d’ici à 2022. Comment compte-t-il faire ces économies ? Certainement pas en réduisant les dividendes des actionnaires. Il compte le faire avec des départs « volontaires » (prétendument volontaires, parce que de fait les salariés n’ont pas le choix), et des licenciements. A cela s’ajoute la fermeture de 273 magasins ex-DIA. Ils annoncent que les salariés de ces magasins vont être reclassés dans d’autres magasins du groupe : mais comment ? Nous allons par exemple récupérer un ou deux salariés d’un de ces magasins proche du nôtre, mais que va-t-il advenir des autres salariés ? Aucune explication n’est donnée. Ou alors les explications ne sont pas suivies d’effet. Rien ne se passe pour le reclassement.

Al : Ce qui coûte le plus cher dans le groupe Carrefour, c’est la masse salariale. La fermeture d’un certain nombre de magasins ici ou là, c’est – comme on dit – l’arbre qui cache la forêt. Et il faut bien en prendre conscience. Il ne faut pas penser que parce qu’on travaille dans un magasin qui n’est pas prévu pour être fermé on va se retrouver à l’abri. Nos emplois sont menacés. Nos salaires de base sont très faibles, encore plus du fait que beaucoup d’entre nous ne sont pas à temps complet.

Az : le groupe vit des turbulences depuis que Monsieur Bompart est arrivé à la tête du groupe. Les salariés découvrent chaque jour de nouvelles mesures, de nouvelles attaques, de nouveaux dangers pour nos emplois ou notre pouvoir d’achat. On n’en est qu’au début du plan selon moi. On n’imaginait pas qu’il y allait avoir la réduction des primes et les licenciements. Pour un salarié, ce qui est le plus grave, c’est quand on touche à son porte-monnaie. Et il faut s’attendre à de nouvelles attaques parce que pour les actionnaires, il s’agit de récupérer le maximum d’argent.

Combien de magasins sont touchés par la franchisation ?

 

S : Il y a déjà 5 hyper-marchés qui sont touchés. Concernant les supermarchés et les Market, on ne le sait qu’une fois l’opération accomplie. On n’est pas informé au niveau du CE, mais ce qu’on sait c’est qu’ils veulent franchiser trente magasins par an. Le DRH nous a informé qu’actuellement il y avait entre vingt et trente magasins qui étaient visés par cette franchisation sur le plan national. On peut considérer qu’en fait ce sont des montages financiers, car ce sont plutôt des locations-gérance. Le magasin appartient toujours à Carrefour : ce sont toujours les mêmes centrales d’achat, par exemple. Le changement n’est que pour les salariés… De fait les salariés ne bénéficient plus des mêmes accords que pour le groupe Carrefour Supermarché France (CSF).

Al : La reprise du magasin en franchise ne va pas se faire avec le même nombre de salariés. Par exemple, dans un magasin qui employait jusqu’à 60 salariés, le franchisé ne va en reprendre que 30. En plus, cela lui évite de mettre en place un CE, par exemple. Les économies réalisées vont aller directement dans la poche des actionnaires

 

Qu’en est-il de la réduction des primes habituelles versées aux salariés du groupe ?

 MO : L’an dernier, nous avions eu 627 €. Cette année, c’est descendu à 137€ brut (pour un salarié présent toute l’année à temps complet). Il vient d’y avoir une négociation entre les responsables du groupe et les organisations syndicales… et Ô miracle !, on a trouvé à dénicher 350€ de plus par salarié. Les salariés vont toucher maintenant 407€.

Il faut préciser que c’est grâce à FORCE OUVRIERE. C’est suite à la manifestation que nous avons organisée devant le siège où il y avait plus de 2000 salariés. Cela a permis d’ouvrir les négociations.

Mais pour nous à FO, cela ne fait pas le compte. Nous continuons à réclamer une primer égale à celle de l’an dernier. Nous ne signons donc pas cet accord là et nous continuons jusqu’à l’obtention de la totalité de la prime.

C’est pour cela que nous maintenons la pression et que nous avons commencé à bloquer les entrepôts, comme celui de Crépy-en-Valois, et les magasins dans le Vaucluse , et le Carrefour hyper à Nîmes. Les magasins vont suivre. Nous appelons à la grève partout le 31 mars. Nous appelons les autres syndicats à nous rejoindre sur cette action. Il faut savoir que Le groupe Carrefour représente 110 000 salariés. C’est le plus gros employeur dans le privé.

Abd : Bernard Arnault, actionnaire du groupe Carrefour, passe de la 11e place des plus grosses fortunes, au 4e rang. Dans le même temps, Carrefour qui était à la seconde place mondiale, passe au 9e rang. C’est tout dire. Bernard Arnault gagne 800€ par seconde… Quand on compare cela avec l’attaque contre nos 600€ de prime annuelle, on comprend que les salariés soient en colère. Cela devrait être l’inverse ! En réduisant nos primes, cela revient à dire que nous n’avons pas assez travaillé durant l’année 2017… Or, nous avons autant travaillé que les années précédentes pour lesquelles nous avons touché des primes. Pourquoi réduire ainsi notre pouvoir d’achat ?

MO : Il faut savoir que la prime de participation de 57€ on ne peut pas y toucher avant 5 ans, parce qu’elle est bloquée. Cela représente 7 millions d’€, que le groupe fait travailler. 350 millions d’€ immédiatement pour les actionnaires, 7 millions pour 110 000 salariés… et encore, on ne peut pas les toucher….

L’équipe Carrefour RPO

Comment s’annoncent les actions qui vont être engagées le 31 mars prochain ?

 M.T. : Depuis le début, nous avons appelé à la grève suite au plan de restructuration des magasins Carrefour annoncé par le PDG . Monsieur Bompart. Il faut déjà savoir que nous avons appris ce plan par la presse sans que la direction ait pris la peine d’en informer, ni le Comité d’entreprise, ni les représentants du personnels ou les organisations syndicales. Nous avons programmé des manifestations, ici à Puiseux-Pontoise, mais également sur d’autres sites au niveau régional et national. Nous avons lancé un appel national pour que les magasins et les entrepôts soient bloqués. Il n’y aura pas de manifestation, mais blocage. C’est un samedi, et en plus un samedi veille de fête. Cela risque de leur faire mal. Déjà avec les blocages d’entrepôts, il y a des magasins qui ne sont pas approvisionnés depuis lundi. Peut-être quand il n’y aura plus de marchandises dans les rayons vont-ils revoir leur politique.

La direction essaye d’étouffer ce mouvement en proposant 350€. A FO nous disons, non !, tant que nous n’avons pas les 600 €, on ne lâche rien.

Nous, l’équipe RPO de Carrefour, nous nous réjouissons de la participation et des actions déjà engagées et nous ajoutons une nouvelle fois qu’on ne lâchera rien

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